mercredi 8 décembre 2010
Promouvoire les nourritures affectives et symboliques pour notre meilleur développement !
caresses physiques, caresses de l'expression, du regard, caresses verbales (intonations, dictions). (Merci Boris Cyrulnick!) par exemple le peau à peau entre la mère et son nouveau-né.
un sourire, un regard bienveillant, une main serrée, un baiser, une accolade, une écoute.
Nourritures symboliques :
Intentions (pensees, volontées, souhaits, désirs), écoute attentive (silence), propos (dires et écrits) et expressions (gestes, sourires, rires, exclamations), bienveillants, encourageants et reconnaissants.
exemple : le coaching, le women empowerment, "Femmes qui courent avec les loups" de Clarissa Pinkola Estes
La frontière entre la nourriture affective et symbloque est progressive, tout comme entre la nourriture physique et affective ou affective et intellectuelle ou intellectuelle et symbolique.
Note : règles de conduite de la gestion de cette nourritures affective et symbolique par une education sexuelle et civique adaptée à chaque stade du developpement de l'individu pour la santé (contre le syndrôme de l'hospitalisme, les deviances sexuelles, pour la santé physique, mentale, sociale) et la prévention criminelle (lutte contre la pédophilie, les violences sexuée et sexuelles)
La nourritures affectives et symbolique est une question de santé publique.
Elle est un droit dans la convention internationale des droits de l'enfant.
Elle est gratuite, car inestimable : elle est une question vitale pour notre meilleur développement.
dimanche 4 juillet 2010
Fascisme et philanthropie
La Terre est assez grande pour tout le monde !Mardi 8 juin 2010Des campagnes de stérilisation forcée au Pérou au nom de la lutte contre la pauvreté, tel est le thème du documentaire Le ventre des femmes, de Mathilde Damoisel, produit par Temps Noir et diffusé le 4 juin sur Arte. Nous avons demandé sa réaction à notre Eco’respondante Frédérique Chartrand, auteure du blog Maman écolo. Résultat : un joli coup de colère.
« En cinq ans, au Pérou, plus de 300 000 femmes et près de 30 000 hommes ont été stérilisés de force par le gouvernement d’Alberto Fujimori, soutenu par les instances internationales. Au nom de la lutte contre la pauvreté, les Indiennes quechua en ont été les premières victimes. ‘Ils ne m’ont rien demandé… Ils m’ont emmenée comme un animal dans la salle d’opération’, témoigne Yoni. Comme des milliers d’autres femmes, ses trompes ont été ligaturées de manière irréversible dans des conditions dangereuses. Nombreuses sont celles qui sont mortes des suites de leur stérilisation ou qui lui doivent, aujourd’hui encore, de lourdes séquelles. »
En cinq ans, plus de 300 000 femmes ont été stérilisées au Pérou, beaucoup contre leur volonté. © Temps Noir
Le documentaire «Le Ventre des Femmes» montre bien que la pauvreté et la dégradation de l’environnement sont souvent citées pour justifier des politiques de contrôle de la fécondité des femmes. Mais c’est là prendre le problème par un mauvais angle. La Terre est assez grande pour tout le monde, que nous soyons 6 ou 12 milliards d’êtres humains.
La vraie source du problème se trouve dans notre mode de consommation, dans la façon de nous nourrir et dans le partage des ressources et de la richesse. Ce n’est pas moi qui le dit, c’est la FAO*, l’Organisation des Nations-Unies pour l’Agriculture et l’Alimentation, dans un rapport de 2007: « Une conversion planétaire à l’agriculture biologique, sans défrichement de zones sauvages à des fins agricoles et sans utilisation d’engrais azotés, déboucherait sur une offre de produits agricoles de l’ordre de 2640 à 4380 kilocalories par personne et par jour. » Or le besoin énergétique moyen est de 2000 kilocalories pour une femme et de 2500 kilocalories pour un homme.
L’agriculture biologique peut donc nourrir la planète, que les femmes aient 1 ou 6 enfants. Une option que semble avoir mis de côté le Président péruvien Alberto Fujimori, malgré sa formation d’ingénieur agronome. Il a préféré mutiler le corps des citoyennes de son pays.
Felipa - Les Indiennes Quechua, analphabètes pour la plupart, ont été les principales cibles de la campagne de stérilisation. © Temps Noir
Parallèlement, quand on sait que 30% des terres arables dans le monde sont cultivées pour nourrir le bétail, lequel finira sous forme de hamburgers ou d’entrecôtes sauce poivre dans les assiettes des occidentaux, on ne peut qu’être perplexe.
Selon le WWF, un Français a besoin de 4,9 hectares pour vivre, un Américain 9,2 hectares alors qu’un Péruvien se contente en moyenne de moins de 1,8 hectares. Le problème c’est nous, nos gouvernements et non les paysans perdus au fin fond des plateaux andins.
Aurélia - Les femmes stérilisées sont victimes de discrimination voire d'ostracisme de la part de leur communauté. © Temps Noir
Mais c’est bien connu – et «Le Ventre des Femmes» en est l’illustre exemple – l’hypocrisie et la politique font bon ménage. D’un côté les gouvernements occidentaux – via la Banque mondiale ou le Fonds pour la population des Nations Unies – prônent un contrôle de la croissance démographique dans les pays en voie de développement, et de l’autre, ces mêmes gouvernements ne remettent aucunement en question leur obsession de la croissance effrénée, énergivore à l’extrême et non durable.
Autrement dit, nous demandons aux populations pauvres de cesser de faire des enfants pour nous permettre de continuer à mener une vie faste.
Alberto Fujimori, ancien président du Pérou à l'origine de la campagne de stérilisation.Invoquer la sécurité alimentaire ou la paupérisation comme l’a fait le président Fujimori pour stériliser les femmes Quechua, relève de la bêtise et de la barbarie. Les vraies raisons sont ailleurs. Elles sont politiques. Fujimori avait la trouille. La trouille que les populations andines se soulèvent suite à des années de maltraitance et de discrimination. La trouille de perdre le pouvoir.
De tout temps, le pouvoir d’enfanter des femmes a dérangé les hommes et leur ventre en fut le bouc émissaire, l’ennemi à abattre. Il est plus simple d’accuser le ventre des femmes d’être responsable de nos malheurs que de changer les bases de nos systèmes socio-économique et ainsi permettre à tous de vivre dans la dignité.
Frédérique Chartrand

Leader d’un parti fasciste nippon, Ryoichi Sasakawa développa une armée privée pour exploiter la Mandchourie et la Mongolie. Convaincu des pires crimes pendant la Seconde Guerre mondiale, il ne fut pas jugé par les alliés, mais recyclé par les États-Unis pour lutter contre le communisme. S’appuyant sur des organisations criminelles, les yakusas, il prit le contrôle du Parti libéral au pouvoir et se constitua une des plus grandes fortunes du monde. Se muant en bienfaiteur de l’humanité, il finança une fondation philanthropique qui servit aussi à appliquer ses conceptions politiques dans des États du tiers-monde.
Ryoichi Sasakawa est né en 1899 à Minoo prés d’Osaka. Il fait fortune en spéculant sur les marchés locaux du riz. En 1927, il fonde le Kokubosha (Société de défense nationale) puis, en 1931, le Kokusui Taihuto (Parti de masse des peuples patriotiques), deux formations ultra-nationalistes. Il organise ainsi une armée regroupant 15 000 miliciens qui participent à des opérations de pillage en Chine, parfois en collaboration avec le Kodama Kikan, une organisation fasciste dirigée par son ami Yoshio Kodama. Il s’agit officiellement de contrôler la production et l’exportation de ressources stratégiques. Les « seigneurs de la guerre » amassent ainsi une fortune considérable en Mandchourie et en Mongolie avec l’appui du gouvernement impérial. Sasakawa et Kodama, grâce à leurs armées privées - Sasakawa ira jusqu’à créer une unité aérienne composée d’une vingtaine d’avions et d’un aéroport à Osaka -, escroquent de riches commerçants chinois et trafiquent l’opium pour leur propre compte... Sasakawa sera d’ailleurs arrêté en 1936, la police lui reprochant d’avoir organisé en Chine un syndicat du crime ; il sera rapidement relâché.
Parallèlement à ces activités mafieuses, qui croisent ceux de la diplomatie japonaise [1], Sasakawa tente de renforcer son influence dans les milieux politiques nippons. En 1939, afin de consolider l’alliance entre le Japon et l’Italie, il rencontre Mussolini qu’il décrit avec enthousiame comme le « parfait fasciste et dictateur ». Admirateur du Duce, il fait défiler ses milices en uniformes noirs. En 1942, il est élu à la Diète, le parlement japonais. Son programme, ultra-nationaliste et militariste, sert les intérêts économiques des « seigneurs de la guerre », il consiste à exiger l’intensification des opérations militaires dans le sud-est asiatique.
Yoshio Kodama
À la fin de la guerre mondiale, les « seigneurs de la guerre » sont enfermés avec les autres criminels de « Classe A » dans la prison de Sugamo. Kodama et Sasakawa côtoient Nobusuke Kishi, futur homme clé du Parti démocrate libéral [2], et Shiro Ishii, l’homme qui a dirigé les expériences du Camp 731 [3]. Le Parti démocrate libéral est un véritable parti unique qui dirige le Japon depuis la défaite, avec la bénédiction de Washington. Les services secrets états-uniens, dans un rapport de 1946, décrivent ainsi les deux chefs fascistes : « [La] longue implication [de Kodama] dans les activités ultra-nationalistes, parfois violentes, et sa capacité à rallier la jeunesse font de lui un homme qui représentera sûrement un risque majeur pour la sécurité. [Sasakawa] apparaît comme un danger potentiel pour l’avenir du Japon (...) C’est un homme riche qui n’a aucun scrupule à utiliser sa fortune (...) Il n’est pas contre le fait de retourner sa veste pour profiter d’une opportunité » [4]. La CIA lui offre cette opportunité en lui proposant de devenir un combattant de la Guerre froide.
Un parrain yakusa combattant de la Guerre froide
Les ultra-nationalistes Sasakawa et Kodama constituent des appuis solides pour reconstruire le Japon qui doit devenir la vitrine asiatique de l’économie de marché. Le général Willoughby, responsable des services secrets états-uniens, recrute des hommes de main dans la prison de Sugamo. Kodama a une grande expérience de l’espionnage : ses activités en Mandchourie ne se sont pas limitées au pillage, il a aussi organisé sur place un efficace service d’espionnage qui a communiqué de nombreux renseignements à l’armée impériale. Sasakawa, de son côté, dirige une armée privée composée de soldats expérimentés parmi lesquels les services secrets états-uniens vont recruter des informateurs, des briseurs de grève et des « agents secrets ». L’ancien criminel de guerre, qui considère son séjour à Sugamo comme « des vacances offertes par le bon dieu » est libéré, comme ses compagnons Shiro Ishii et Yoshio Kodama, en 1948. En échange de l’impunité, les criminels de « Classe A » mettent leurs réseaux politiques, militaires et mafieux au service de la lutte contre le communisme menée sous l’autorité des États-Unis au Japon et en Asie du sud-est.
Ryoichi Sasakawa, que l’on surnomme le Korumaku, (« l’homme de l’ombre ») devient alors un acteur décisif de la reconstruction du Japon. Il finance, avec son ami Kodama, le Parti démocrate libéral. À plusieurs reprises, il influence l’élection du Premier ministre (il soutient Sato en 64 et Kakuei Tanaka en 72). Ses contacts politiques lui permettent d’accroître sa fortune ; en 1959, grâce à son ancien compagnon de Sugamo, le Premier ministre Nobusuke Kishi [5], il est nommé Président de la Fédération des organisateurs de courses de hors-bord (qui dépend du ministère des Transports). En 1994, la Fédération déclare 2 000 milliards de yens de chiffre d’affaire dont 3.2% sont à la discrétion de Sasakawa [6].
Parallèlement à ses activités officielles, Sasakawa poursuit sa carrière de yakusa ultra-nationaliste. En 1954, il rejoint le Butoku kai (l’Association des vertus martiales), un groupe de pression militariste et fascisant comprenant plusieurs « Classe A », notamment l’ancien directeur de la Mitsubishi, importante compagnie de fabrication de munitions, et le Premier ministre Yoshida Shigeru. Il soutient aussi des associations anticommunistes comme Nihon goyu renmei, un groupe de vétérans de la Seconde Guerre mondiale, et la fédération Zen-ai kaigi. Le Korumaku brise les grèves et traque les opposants politiques grâce à ses milices dont l’existence n’est jamais officiellement dévoilée. Sasakawa prétend être à la tête d’une armée de huit millions d’hommes. Il préside en tous cas de nombreuses associations qui servent de couverture à ses activités mafieuses. Ses clubs de karaté et de danse du sabre comprennent plus de 3 500 000 membres ; il dirige aussi des groupes explicitement fascistes comme la Fédération internationale pour la victoire sur le communisme (IFFVOC) revendiquant 160 000 membres. Cette armée fait de Sasakawa un des yakusas les plus respectés du Japon ; lui et son ami Kodama dominent l’univers mafieux et règlent les différends entre les gangs rivaux [7].
Par ailleurs, à partir de 1963, Sasakawa devient le principal conseiller du Révérend Sun Myung Moon. Il encourage l’expansion de l’Eglise de l’unification (secte Moon) [8]. Avec Moon et Tchang Kaï-Chek, il fonde la Ligue anticommuniste mondiale (WALC), résultat de la fusion entre la Ligue anticommuniste des peuples asiatiques (APALC) et le Bloc des nations anti-bolcheviques (ABN). L’organisation, réunissant des factions extrémistes des services secrets états-uniens, sud-coréens et taïwanais, est à l’origine d’interventions militaires en Amérique du sud et en Asie [9].
Sasakawa a facilité le coup d’État contre le leader indonésien Sukarno et a soutenu, par l’intermédiaire d’une association d’entraide, le dictateur philippin Marcos [10].
La philanthropie selon Sasakawa
L’influence politique de Ryoichi Sasakawa conjuguée à ses activités mafieuses lui ont permis de construire, avec l’assentiment des autorités états-uniennes, un empire financier colossal. S’engageant dans une carrière de philanthrope, il investit une partie de son butin dans une fondation, la plus richement dotée avant la puissante Fondation Ford. Celui qui s’enorgueillit d’être « le fasciste le plus riche du monde » n’a jamais caché son désir d’obtenir, comme son ami Jimmy Carter, le Prix Nobel de la Paix. Il n’obtiendra « que » le Helen Keller international award, le Linus Pauling medal for humanitarism et la médaille de la paix décernée par les Nations Unies.
Sasakawa, bienfaiteurdu Saint-siège
L’argent n’a pas d’odeur.
Le budget de la Fondation Sasakawa fait oublier le passé trouble de son fondateur et attire de nombreux responsables d’organisations internationales, souvent liées aux Nations Unies, soucieux d’obtenir des fonds pour financer leurs projets. Le prix des Nations Unies pour l’environnement, le prix Sasakawa pour la santé, le prix des Nations Unies pour la prévention des catastrophes témoignent des efforts consentis par le parrain yakusa. En février 1978, il verse, par l’intermédiaire de sa fondation pour l’industrie de construction navale, un demi million de dollars à l’ONU et en 1979, un million à l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), devenant ainsi le plus important mécène des organisations onusiennes. Mais cette générosité a un revers. Le clan Sasakawa (Ryoichi et ses trois fils) entend contrôler les organisations qui reçoivent ses dons. En 1999, alors que l’élection d’un lettré égyptien à la tête de l’UNESCO semble être acquise, des représentants africains votent contre leur candidat, assurant l’élection d’un diplomate japonais, Matsuura. Il semblerait que la Fondation Sasakawa ait promis des « dons » en échange des voix des délégués africains. En 1996 et 1993, deux rapports internes de l’ONU mettaient déjà en évidence les irrégularités dans l’élection d’un autre japonais peu scrupuleux, Hiroshi Nakajima [11], à la tête de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) [12]. Encore une fois, le clan Sasakawa est accusé d’organiser la corruption. Reconnaissant, Nakajima fait ériger une statue de son bienfaiteur, Sasakawa, dans le hall de l’OMS à Genève. La puissante fondation nippone, principal donateur privé de l’OMS, sait se rendre indispensable : en 1996, elle verse 10 millions de dollars pour un programme d’élimination de la lèpre [13].
La Fondation Sasakawa cofinance aussi avec la Fondation Jimmy Carter le « Sasakawa-Global 2000 », un programme agricole destiné à une dizaine de pays d’Afrique [14]. Une profonde amitié entre l’ex-président des États-Unis et le parrain nippon est à l’origine de cette collaboration philanthropique.
En France, une « filiale » de la Fondation a été déclarée d’utilité publique en 1990, elle finance l’Institut d’Asie orientale de Lyon [15], le festival d’Aix en Provence, le musée Guimet, des concerts du Théâtre du Châtelet et des activités liées au CNRS...
Qui protège Alberto Fujimori ?
Récemment la Fondation Sasakawa a été impliquée dans le scandale de la stérilisation forcée de 300 000 femmes péruviennes [16]. L’ex-président Alberto Fujimori est actuellement réfugié au Japon ; les autorités péruviennes tentent en vain de l’extrader afin de le juger pour « crimes contre l’Humanité ». Alberto Fujimori est accusé d’avoir organisé le Grupo Colina, un escadron de la mort responsable de l’élimination de membres de la guérilla maoïste du Sentier lumineux [17]. Les députés péruviens le suspectent aussi d’avoir planifié la stérilisation de femmes indiennes. Entre 1995 et 2000, selon un rapport d’une commission parlementaire, 331 600 femmes ont été stérilisées et 25 590 hommes vasectomisées. Cette campagne d’eugénisme, destinée à pacifier des foyers de contestation indienne et à satisfaire le FMI qui inclut dans ses critères des exigences de contrôle démographique [18], a été financée principalement par l’Agence américaine pour le développement international (Usaid) et par le Fonds des Nations Unies pour la population. La Nippon Zaidan, une des annexes de la Fondation Sasakawa, a également fourni des fonds pour cette vaste opération d’inspiration malthusienne ; sa présidente, Ayako Sono, est le principal soutien d’Alberto Fujimori qui a obtenu la nationalité japonaise afin d’échapper à la justice péruvienne. Il semble que la Fondation Sasakawa ait gardé de solides relations au sein du gouvernement japonais et participe toujours activement à des opérations « secrètes » en Amérique latine.
Yohei Sasakawa
Ryoichi Sasakawa meurt en 1995 sans avoir pu obtenir le Prix Nobel de la Paix tant convoité. Ses trois fils le remplacent à la tête de la puissante fondation Sasakawa et continuent les affaires sans rompre avec les réseaux et les pratiques du père. Yohei est le Président de la fondation [19] : il siège au conseil d’administration de la filiale française et a rencontré à plusieurs reprises l’ami de la famille, Jimmy Carter. Takashi maintient les relations avec la pègre, et a notamment tenté d’acheter le Shelburne Hotel Casino d’Atlantic City afin de s’implanter dans le milieu du jeu aux États-Unis [20]. La fondation Sasakawa, trop « généreuse » pour être menacée, couvre donc toujours des activités mafieuses et des opérations diplomatiques aux objectifs inavouables.
Denis Boneau
Periodista francés, miembro de la sección francesa de la Red Voltaire.Les articles de cet auteur
[1] Contrairement aux thèses de l’historiographie états-unienne, la Seconde Guerre mondiale ne dure pas de 1941 à 1945, ni comme le prétend l’historiographie européenne de 1939 à 1945, mais de 1931 au 17 août 45. Elle ne débute pas en Europe avec l’invasion de la Pologne par les troupes du Reich en septembre 1939, mais sur le front asiatique. En 1931, le Japon envahit la province chinoise de la Mandchourie. La Chine apparaissait jusque là comme la chasse gardée des grandes puissances coloniales européennes, Grande-Bretagne, France et URSS en tête. La prise de Shangaï par l’armée impériale en 1937, et l’alliance de Tokyo avec l’Italie fasciste et l’Allemagne nazie en 1936-1937 positionnent déjà le Japon du côté des forces de l’Axe. Une position confirmée par l’attaque contre la base navale états-unienne de Pearl Harbor, en décembre 1941. La guerre ne prend fin qu’après la capitualation du Japon.
[2] Nobusuke Kishi devient Premier ministre en 1957 grâce au soutien de Yoshio Kodama et de Ryoichi Sasakawa.
[3] Le 731ème régiment de l’armée impériale s’installe dans la ville chinoise d’Harbin en 1931. Le camp de prisonnier d’Harbin sert de laboratoire d’expérimentation sur des êtres humains. Les scientifiques japonais utilisent des prisonniers chinois puis, à partir de 1942, états-uniens et soviétiques, afin de déterminer si la résistance à certaines maladies mortelles dépend de la « race » des sujets contaminés. 3 000 cobayes humains meurent du typhus, de la peste, du choléra, de la syphilis, victimes des expériences du Mengele japonais : Shiro Ishii. Lorsque l’armée rouge libère Harbin, les derniers cobayes humains sont gazés et les Japonais tentent d’effacer toute trace des expériences du camp 731. Shiro Ishii rentre au Japon. Les services secrets états-uniens lui offrent la liberté en échange de ses comptes-rendus des recherches d’Harbin. Shiro Ishii meurt en 1959, sans jamais vraiment avoir été inquiété.
[4] Scott Anderson, Jon Lee Anderson, Inside the League, The schocking exposé of how terrorists, nazis and latin american death squads have infiltred the World anti-communist league, Dodd, Mead and Company éd., New York, 1986.
[5] Ibid, p. 63.
[6] Philippe Pons, « Japon, La richissime fondation Sasakawa est mise en cause par le Parlement », Le Monde, mercredi 15 juin 1994.
[7] Fabrizio Calvi, Olivier Schmidt, Intelligences secrètes, Annales de l’espionnage, Hachette, 1988, p. 261-262.
[8] Voir « Révérend Moon, le retour », Voltaire, 26 mars 2001.
[9] Voir « La Ligue anti-communiste mondiale, une internationale du crime », Voltaire, 12 mai 2004.
[10] Jeffrey M. Bale, « Privatising covert action : the case of the Unification church », Lobster, Mai 1991.
[11] À peine élu directeur de l’OMS, le docteur Nakajima est arrêté à la frontière russe en possession d’icônes volées et inculpé de trafic d’œuvres d’art.
[12] Thierry Meyssan, « Le bon docteur Nakajima », Exit le journal, 12 février 1994. Et Serge Garde, « L’odeur du Yen », L’Humanité, mardi 8 octobre 2002.
[13] « Organisation mondiale de la santé, scandales et gabegie », Le Point, n°1334, 11 avril 1998.
[14] Serge Garde, « Un parfum de corruption », L’Humanité, mardi 14 octobre 2003.
[15] En mars 2002, un chercheur du CNRS, Philippe Pelletier, a démissionné pour dénoncer le financement de l’Institut par la Fondation Sasakawa. Cet acte n’a suscité que l’indifférence des autorités françaises. Le directeur de l’annexe française, Tominaga, a déclaré ne rien connaître des activités de Ryoichi Sasakawa. Serge Garde, « L’odeur du Yen », op.cit.
[16] Serge Garde, « Pérou, imposture du programme de contrôle des naissances, 300 000 femmes stérilisées en quatre ans », L’Humanité, mardi 3 décembre 2002.
[17] Voir Las mafias contraatacanpar Herbert Mijica Rojas, Red Voltaire/IPI, 3 janvier 2003.
[18] Françoise Barthélémy, « Une politique d’État froidement élaborée, Stérilisation forcée des indiennes du Pérou », Le Monde diplomatique, mai 2004.
[19] En 1994, le quotidien Mainichi a publié la liste d’une centaine de fonctionnaires en retraite ayant reçu des pots de vin (au total 7.3 milliards de yens par an) de la part de la fondation Sasakawa.
[20] Fabrizio Calvi, Olivier Schmidt, Intelligences secrètes, op. cit., p. 262.
mercredi 30 juin 2010
Responsabilite Societale et Environnementale mediatrice
Dans une perspective de régulation d’une économie mondialisée.
C’est la vision d’Eva Joly pour la présidentielle.
La norme ISO 26000 est une charte de valeurs partagées par toutes ses parties, c’est pourquoi il est encore difficile de trouver un organe “neutre” pour la certifier.
Elle est une somme de règles de jeux pour favoriser le développement économique, sociétal et environnemental.
Dans la perspective d’une économie parfaitement dépendante de l’humain lui-même dépendant de l’environnement.
La norme 26 000 est basée sur le bon sens, elle est un outil et l’occasion d’un exercice de RSE.
Si le champ d’action de cette norme parait complexe, il n’est que le reflet de l’activité humaine dans l’environnement.
L’activité humaine dans notre système solaire est partiellement régulée, la RSE est un outil d’autorégulation de la vie humaine dans son environnement pour garantir un développement économique durablement optimal.
D’une certaine manière, c’est une préfiguration de règles de développement universelles, une initiative volontaire d’autorégulation.
L’ébauche d’un droit, d’une réglementions universelle, mais sans sanction.
Une tentative d’harmonisation des règles de jeu économiques dépendant de l’humain lui même dépendant de l’environnement.
Cette norme doit encourager une économie ne nuisant pas à l’écosystème dont tous les humains font partie intégrante.
C’est aussi un outil de promotion et de communication de l’entreprise, un investissement, une valorisation.
Sur le mode du biomimétisme : un produit qui ne respecte pas l’écosystème est condamné à disparaître rapidement rejeté par le consommateur soucieux de son propre développement à long terme.
L’humain étant le fruit de l’évolution de l’Environnement, sa matrice, il en dépend entièrement.
La norme iso 26 000 nécessite d’utiliser une méthode qui consiste à se fixer des objectifs, des questions à se poser, propose des pistes d’actions et des exemples de bonnes pratiques.
Cette méthode s’applique à 7 questions centrales et leurs domaines d’action respectifs :
I la gouvernance de l’organisation
II Droits Humains :
-1 devoir de vigilance
- 2 situations présentant un risque pour les droits humains
- 3 prévention de la complicité
- 4 remédier aux des droits humains
- 5 discrimination et groupes vulnérables
- 6 droits civils et politiques
- 7 droits économiques, sociaux et culturels
- 8 principes fondamentaux et droits du travail
III Relations et conditions de travail
- 1 emploi et relations employeur/employé
- 2 conditions de travail et protection sociale
- 3 dialogue sociale
- 4 santé et sécurité au travail
- 5 développement du capital humain
IV Environnement
- 1 prévention de la pollution
- 2 utilisation durable des ressources
- 3 atténuation des changements climatiques et adaptation
- 4 protection de l’environnement, biodiversité et réhabilitation des habitats naturels
V Loyauté des pratiques :
- 1 lutte contre la corruption
- 2 engagement politique responsable
- 3 concurrence loyale
- 4 promotion de la responsabilité sociétale dans la chaîne de valeur
- 5 respect des droits de propriété
VI Questions relatives aux consommateurs
- 1 pratiques loyales en matière de commercialisation, d’informations et de contrats
- 2 protection de l santé et de la sécurité des consommateurs.
- 3 consommation durable
- 4 service après-vente, assistance et résolution des réclamations et litiges pour les consommateurs
- 5 protection des données et de la vie privée des consommateurs
- 6 accès aux services essentiels
- 7 éducation et sensibilisation
VII Communautés et développement local
- 1 implication auprès des communautés
- 2 éducation et culture
- 3 création d’emploi et développement des compétences
- 4 développement des technologies et accès à la technologie
- 5 création de richesses et de revenus
- 6 la santé
- 7 investissement dans la société
Iso 26 000 le Graal de l’entreprise !
Coca-Cola serait intéressé.
Outils de communication du changement :
D’après le « Manuel de transition, de la dépendance au pétrole à la résilience locale » de Rob Hopkins.
Outils calqués sur l’étude du comportement de la dépendance, on traite un alcoolique comme on traite un pétrole dépendant !
lundi 21 juin 2010
syndrôme de l'orphelin
Plus tard il idéalise à nouveau ses relations affectives.
Il les perçoit à travers le filtre très chargé de l'imagination qui lui avait permis autrefois de supporter l'abscence de son parent.
Le filtre par lequel il voit l'autre est plus opaque qu'une personne non orpheline.
Il reffuse de voir la réalité telle qu'elle est comme il reffusait l'abscence de son parent manquant en l'imaginant comme il aimerait qu'il fut.
Comme une forme d'autisme, de refuge dans l'imaginaire il reffuse de voir les autres tels qu'ils sont vraiment, et la relation humaine est aveugle est difficile.
Quand la réalité est trop décevante, il espère pouvoir se réveiller comme d'un cauchemard.
Il fuit la réalité dans ses rêves, donc il ne vit pas , il rêve seul.
Les orphelins ont tendance à s'attirer entre eux.
dimanche 7 février 2010
Pour l'égalité




Pour la dignité et l'honneur de maman, de l'enfant et de la femme
Comme j'ai hélas été trop souvent victime d'actes pédophiles (viols) et de misogynie et que je suis hélas encore témoins et victime de violences faites aux femmes et aux enfants, vous comprenez que je m'engage contre la misogynie et la pédophilie sous toutes ses formes :
Vous comprenez donc aussi mon combat contre la discrimination sexuelle quant au droit à l'accès aux postes de direction.
Pour que toutes les souffrances de nos aïeules n'aient pas été vaines et en leur mémoire, s'il vous plaît changez ces statuts qui discriminent le sexe féminin.
Pour le respect de la mémoire de ces victimes, comme on honore les morts au combat.
Cette acte symbolique sera un mémorial et l'honneur qui est rendu aux femmes et filles victimes de discrimination sexuelles.
Car je ne peux simplement pas croire que ce soit un simple hasard que seuls les fils héritiers de notre famille aient été préservés de violences sexuelles !
Oui, je fais un rapport entre le fait que les statuts de l'entreprise d'une famille stipulent que les femmes n'aient pas les même droits que les hommes et la négligence dont la sécurité et l'éducation des membre de notre famille de sexe féminin ont été les victimes.
J'aimerais simplement si ce n'est pas trop vous demander, de reconnaître la victimité d'actes de pédophilie et de violences sexuelles de maman avant sa mort !
Je le désire d'autant plus que sa victimité a été étouffée car maman a été incapable d'oser l'accepter parce que la violence sexuelle était un sujet tabou et donc indicible et inenvisageable.
A tel point qu'elle n'a pas même pu la reconnaître chez elle comme chez les autres victimes (moi par exemple) autour d'elle pendant trop longtemps.
Afin que ce phénomène de déni de la violence sexuelle ne se reproduise plus jamais dans notre famille, je me dévoue pour la dénoncer enfin, dans le but de sa prévention.
J'ai l'honneur et le privilège d'encourager l'acte historique de corriger les statuts de Royal Agio Cigars en instaurant la parité homme/femme dans l'histoire des membres féminins de notre famille et l'histoire de cette entreprise dynastique.
Il est temps de rendre hommage au sacrifice de la dignité des femmes de l'histoire de notre famille.
Il est temps de réparer la dignité féminine par la reconnaissance de la violence faite à son encontre.
Il est temps d'éradiquer définitivement les racines de ce mal contenues dans tout propos discriminatoires pouvant faire croire à une absence de capacité de décision ou à une fataliste et passive soumission féminine.
Ce type de statuts d'entreprise misogynes conditionnent les femmes à se résigner et légitiment la dominations des hommes sur les femmes.
Tous propos sexuellement discriminatoire est donc dangereux pour les membres féminins de notre espèce.
100% des abuseurs (psychique, physique et sexuels) en ont eu le pouvoir, c'est pourquoi ils ont été tentés d'en abuser.
Seule l'égalité des pouvoirs peut nous garantir la paix entre les sexes.
Il est temps de sortir des âges obscures du sexisme....la femme est aussi douée d'intelligence que l'homme si elle est aussi bien traitée et respectée que les hommes et ce dés la naissance !
Rendons leurs forces morales aux femmes et leur confiance aux femmes en les respectant sur tous les plans et surtout en respectant leur identité.
Because I have been a victime of pedophily (rappes) and misogyny and I am still a witness and a victime of violences against women and children, you understand my battle against every kind of violences against women : sexual discrimination included.
Please for the respect of the women dignity, cancel the misogyne family company roules !
Pour toutes tentatives d'intimidation misogyne et/ou de négociation des parties intéressées
veuillez vous adressez à mon avocate Corinne de Romilly : 00 33 (0)4 42 93 31 46
et/ou mon avocate néerlandaise Mimi Kouwenhoven 00 31 (0)4 02 56 62 68
The Dutch Penal Code; Article 137c [Wetboek van Strafrecht (Sr); Artikel 137c | Sr, Boek 2, Titel 5]
1. He who publicly, verbally or in writing or image, deliberately expresses himself in an way insulting of a group of people because of their race, their religion or belief, or their hetero- or homosexual nature or their physical, mental, or intellectual disabilities, will be punished with a prison sentence of at the most one year or a fine of third category. 2. If the offence is committed by a person who makes it his profession or habit, or by two or more people in association, a prison sentence of at the most two years or a fine of fourth category will be imposed. The Dutch Penal Code; Article 137d [Wetboek van Strafrecht (Sr); Artikel 137d | Sr, Boek 2, Titel 5]
1. He who publicly, verbally or in writing or in an image, incites hatred against or discrimination of people or violent behavior against person or property of people because of their race, their religion or belief, their gender or hetero- or homosexual nature or their physical, mental, or intellectual disabilities, will be punished with a prison sentence of at the most one year or a fine of third category. 2. If the offense is committed by a person who makes it his profession or habit, or by two or more people in association, a prison sentence of at the most two years or a fine of fourth category will be imposed.
At the request of members of parliament Rouvoet (CHU, Christian Historic Union; Leftist Christian party) and Van der Staaij (SGP, Political Reformed Party; orthodox Christian party) in 1999 and then approved by a majority of the members of Parliament, an insert was added to Article 137 on disabilities. The insert (or their physical, mental, or intellectual disabilities) cannot yet be read in the linked Articles but is in the most recent version (January 2009) here (in Dutch).
A ce propos, je réclame justice et réparation, symbolique, morale, économique et sociale :
La suppression de ces statuts discriminatoires,
Le pardon officiel au nom de l'entreprise à toutes ses victimes et aux victimes par ricochet
La restitution du pouvoir volé aux héritières et par ricochet à leur descendantes.
Une formation intellectuelle semblable aux héritiers avec une spécialisation en responsabilité sociétale des entreprise pour exercer le pouvoir de décision en toute conscience au conseil d'administration.
mardi 5 janvier 2010
Le mouvement Burlesque de nos jours !

Comment le striptease est devenu féministe
Porté par la mode du burlesque, il
renouvelle et détourne les codes érotiques
Succès populaire des revues de Dita Von Teese, annonce par les sites people d'une prochaine comédie musicale avec Kristen Bell et Christina Aguilera intitulée Burlesque, festivals organisés un peu partout dans le monde (et pour la première fois à Paris du 22 au 25 octobre)... le burlesque fait son grand retour dans la mode et le spectacle. Aujourd'hui on parle volontiers de new- ou de neo-burlesque, et des débats enflammés naissent sur les blogs et les forums dans d'improbables tentatives de spécifier ce qui est burlesque et ce qui ne l'est pas...
Qu'on évoque les premières stripteaseuses de Pigalle à la fin du XIXème, la tradition du cabaret ou les pin-up de l'après-guerre, l'esprit burlesque est très étroitement lié aux spectacles mettant en scène des femmes à la fois glamour, provocantes et indépendantes.
Se développant souvent dans des lieux interlopes et remplissant la double fonction d'affrioler et d'amuser le public, le burlesque se rapproche des spectacles de variété et de music-hall. On remarque dans cette histoire de l'effeuillage de constants va-et-vient entre l'Europe et les Etats-Unis. Les Américains utilisent volontiers l'adjectif «burlesque» pour désigner tout spectacle de comédie chargé d'érotisme et se réapproprient les clichés associés au glamour français: «Champagne», «Coco», «Mademoiselle», se retrouvent croisés à toutes les sauces dans les noms de scène hauts en couleur des effeuilleuses burlesques.
Renouveau
Alors qu'une plus grande liberté sexuelle contribuera dans les années 60 à ringardiser les numéros légers du burlesque au profit de spectacles plus directs, le renouveau du mouvement viendra des Etats-Unis. Dans les années 90, Michelle Carr créé le troupe du Velvet Hammer, dans une salle de concert de sa propriété à Los Angeles où se retrouvent les groupes underground et des figures de la contre-culture. Dans un souci constant du détail esthétique retro, elle ranime l'esprit de cabaret et choisit des numéros qui mêlent effeuillages sexy et arts du cirque, incarnés par des femmes de toutes tailles et de toutes corpulences... Des stars comme Dirty Martini ou Kitten de Ville sont passées par cette troupe mythique qui a influencé tout le mouvement burlesque contemporain.
Depuis 2001, des événements comme le festival Tease-O-Rama ou le concours annuel Miss Exotic World en Californie propagent le style burlesque en faisant découvrir chaque année de nouvelles artistes vénérées par les amateurs du genre. Dans les numéros actuels le burlesque a aussi absorbé les influences du rock n' roll et des icônes fétichistes comme Bettie Page.
Dita Von Teese a magistralement intégré ces sources d'inspiration diverses pour raviver cet amour de la pin-up. Avant, son mariage (désormais rompu) avec le chanteur Marilyn Manson l'avait révélée à un public plus large tout en l'associant au mouvement gothique.
En France, le phénomène n'a jamais vraiment disparu mais ce n'est que tout récemment qu'il s'est trouvé dans le label « neo-burlesque » un début de conscience collective. Les soirées estampillées «burlesque» sont l'occasion pour le public de rencontrer ses idoles et de retrouver cet esprit de glamour un peu suranné qu'il apprécie tant (revues de la Gentry de Paris, soirées Glitter Fever).
A côté de cette tendance plus esthétique, des artistes utilisent ce style faussement innocent pour explorer les questions d'identité sexuelle et la place du corps dans la société avec des performances plus trash (Juliette Dragon, Wendy Delorme, Miss Marion).
Face à l'engouement que suscite cette forme de spectacle retro, les spécialistes ont mis en place de véritables formations... La Gentry de Paris, temple de la revue burlesque, anime ainsi une Ecole supérieure de striptease burlesque. Des cours sont aussi assurés par le Cabaret des Filles de Joie de Juliette Dragon ou par le duo Miss Glitter Painkiller et Cerise Diva Champomy.
Effeuillage Vs Pole dance
Le profil des pratiquantes, qu'elles soient « pro » ou simples amatrices se produisant occasionnellement, n'a pas grand-chose à voir avec celui des danseuses du Pink Paradise. Le striptease classique permet aux professionnelles de gagner de l'argent et n'a jamais été une vocation. L'approche burlesque est, à l'inverse, plutôt un loisir, voire un engagement. Alors que certaines filles prennent des cours payants pour apprendre à « stripteaser », la plupart des artistes exercent un métier en parallèle de leur implication dans le milieu car il est difficile de vivre de cette pratique marginale.
Les artistes burlesques ont trouvé le moyen de se distinguer clairement de leurs collègues stripteaseuses par une astuce langagière: elles parlent d'effeuillage, un mot élégant et joliment désuet pour rappeler qu'il y a dans leur démarche une exploration de la vieille tradition du spectacle grivois, quand le striptease moderne a plutôt une simple fonction d'excitation du public. Il faut aussi rappeler que contrairement aux stripteases de club qui peuvent aller très loin, l'effeuillage proscrit la nudité totale et n'a rien à voir avec la danse contact ou le pole dance.
Plus sensuel que sexuel, moins agressif et volontiers parodique, le burlesque s'est ainsi attiré un public plutôt féminin. D'ailleurs la plupart des magazines et des sites qui se sont penchés sur le mouvement sont liés au féminisme (à l'exception notable du site Be Burlesque qui rassemble plutôt des amateurs de l'esthétique burlesque comme art de vivre).
Et les hommes qui se retrouvent dans les lieux où se produisent les danseuses y viennent dans un état d'esprit différent de ceux qui fréquentaient les bars de striptease. En fait ce n'est plus vraiment le parfum de scandale qui attire dans le burlesque: mais plutôt la mise à distance d'une manière jugée trop directe de mettre en scène le corps...
La nouvelle vague burlesque se réapproprie certains codes de l'histoire de l'effeuillage: porte-jarretelles, talons vertigineux, plumes, corsets et pastilles constituent toujours des ornements très en vogue. Mais l'intention s'écarte de plus en plus de ce que l'on connaît du striptease.
Les numéros sont en général basés sur un décalage, une pointe d'humour ou de loufoquerie qui fait passer l'héroïne du show pour une femme fatale un peu ridicule, exagérément prétentieuse et sûre d'elle. Les propos des artistes burlesques témoignent bien de cette volonté de sortir définitivement de la catégorie « striptease » aux yeux du grand public ou des médias.
Dans le même temps, la volonté de séduire ce public est encore bien présente. « Le féminisme ne veut pas non plus dire que la femme n'a pas le droit de jouer de sa séduction et qu'elle doit s'habiller comme une patate! », explique Miss Glitter Painkiller. « Elle est alors maîtresse de son corps et libre d'en faire ce qu'elle veut, que ça plaise ou non! Il y a un côté paradoxal, mais je pense que c'est un trait de caractère particulièrement féminin! »
Ce paradoxe va parfois très loin: dans A wink and a Smile, un documentaire sur une classe de burlesque à Seattle, l'assistante de la prof joue le rôle de la poupée asiatique hyper sexualisée, répondant au doux nom de « The Shanghai Pearl ». Le retournement des stéréotypes est ainsi brandi comme une arme contre ces mêmes stéréotypes.
Détournement des codes
Dans les cours de burlesque, les filles apprennent à danser et à s'effeuiller bien sûr, mais aussi à développer leur personnalité de scène. Elles doivent trouver un pseudo et se construire un personnage, qui est un prolongement et une exagération de leur propre caractère. Beaucoup y voient la possibilité de mieux accepter un corps qui s'écarte du modèle que renvoient justement les stripteaseuses professionnelles...
C'est un point sur lequel s'accordent les différentes sensibilités du neo-burlesque : la diversité physique est revendiquée comme une spécificité. La surmédiatisation de vraies pin-up à la plastique parfaite comme Dita Von Teese étant ainsi régulièrement critiquée, même si c'est paradoxalement grâce à elle que le grand public a redécouvert l'effeuillage.
Jouer à la pin-up est considéré par les profs de burlesque comme un loisir mais aussi comme une arme, une manière de s'approprier ses atouts et de prendre confiance en soi. Le cours devient alors une sorte de coaching...
Pour Juliette Dragon, emblématique de la scène burlesque engagée, c'est d'ailleurs ce jeu libre avec les codes de la séduction, cette manière d'être sexy sans ressentir de culpabilité qui est le propre du féminisme contemporain. Là où les grandes sœurs des années 70 voyaient l'ordre patriarcal pointer derrière le moindre soutien-gorge, la nouvelle vague s'accommode bien de la mise en valeur du corps, y compris dans un spectacle d'effeuillage! Montrer son corps et déclarer son indépendance est une constante de l'histoire du féminisme, comme le rappelle Juliette Dragon qui renvoie aux garçonnes des années folles qui jouaient de l'ambiguïté de leur apparence.
Chez les féministes traditionnelles le sujet est jugé un peu anecdotique, et provoque en général rejet ou mépris. Rejet parce que la thématique du corps reste problématique chez les féministes françaises. Il suffit d'évoquer les «Chiennes de garde» pour ressentir l'ampleur du décalage culturel avec les artistes burlesques. Mépris encore, parce qu'il y a des sujets plus sérieux, plus politiques, que ceux liés au corps et à l'image qu'il renvoie... Mais certaines ont compris que, le personnel étant toujours politique, la redécouverte du corps et son utilisation consciente peuvent être un acte d'émancipation. Et à défaut une occasion de s'amuser un peu en oubliant la crise, le burlesque ayant toujours prospéré dans les périodes troublées de l'histoire...
Jean-Laurent Cassely
Merci à Juliette Dragon, Miss Glitter Painkiller et Chris Do Carmo de Be Burlesque
Image de Une: Dita Von Teese lors de son spectacle au Crazy Horse, à Paris en 2006. REUTERS/Benoit Tessier
